
Du 10 au 13 mars s’est tenue à l’hôtel Ledger Plaza de Bangui, la réunion de « concrétisation du free roaming en zone Cemac ». Cette réunion intervient après celle de Yaoundé en septembre 2020 et poursuit l’objectif de concrétiser ce projet intégrateur en vue de supprimer les coûts de la communication au sein des pays de la sous-région.
La réunion qui se tient à Bangui depuis le 10 mars dernier, vise à « concrétiser le free roaming en zone Cemac ». Dans l’esprit de ses organisateurs, notamment les ministres des télécommunications et à leurs côtés les six régulateurs nationaux des télécommunications de la sous-région Afrique Centrale, l’idée est que désormais, les ressortissants de la Cemac puissent aisément utiliser leurs Sim partout dans les six pays sans un coût supplémentaire.
L’avantage du free roaming est de permettre des appels, l’utilisation d’internet et les envois de SMS sans coût supplémentaire. Tout se passerait comme si l’usager n’a pas traverser la frontière de son pays. Ce système présente l’avantage de faciliter l’intégration en stimulant l’économie numérique par la suppression des frais.
La République Centrafricaine, pays hôte de cette réunion, a profité de cette occasion pour annoncer la suppression de la surtaxe liée aux appels internationaux en provenance de la Cemac. Le pays que dirige Faustin-Archange Touadera, par la voix de son ministre des télécommunications a déclaré le 10 mars au cours du discours d’ouverture de la réunion : « je tiens à vous annoncer solennellement que la surtaxe liée aux appels internationaux en provenance du Cameroun , du Congo, du Gabon, du Tchad et de la Guinée Équatoriale a été supprimée par un arrêté ministériel depuis le 7 juillet 2023 »
Le chantier du free roaming n’est pas nouveau

L’orientation Vers le free roaming a été prise le 8 septembre 2020 lors du conseil des ministres de l’union économique d’Afrique Centrale sous la forme du règlement communautaire n°04/20-UEAC-CM-35. C’était à Yaoundé, capitale du Cameroun. Dans cette même veine, courant 2021 des protocoles d’accord bipartites ont été signés entre les régulateurs des six pays de la zone Cemac. À l’époque les principes de base liés à la mise en place de l’itinérance à moindre coût avaient été énoncés.
Quid des opérateurs de téléphonie
Les operateurs de télécommunication n’ont pas été associés à cette réunion. Vont-ils permettre qu’une source de revenue tarisse au profit de l’intégration sous-régionale et de l’amélioration de l’économie numérique ? La question se pose avec acuité d’autant plus que certains acteurs tels que Orange se retrouvent dans de nombreux pays de la Cemac et travaillent à garder leur vache à lait en l’état au détriment même des pays de cette sous-région.