Face aux défis économiques actuels, le Gabon fait un pas décisif vers une meilleure gouvernance financière en annonçant la création d’une Caisse autonome d’Amortissement. Cette initiative stratégique, portée par le Président de la transition, vise à restructurer la dette nationale et à restaurer la confiance des investisseurs internationaux.
Le 25 mars 2025 restera une date marquante dans l’histoire financière du Gabon. À Libreville, lors d’une rencontre de haut niveau regroupant les principaux bailleurs de fonds multilatéraux, institutions financières internationales et autorités gabonaises, le Président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dévoilé un projet ambitieux visant à transformer radicalement la gestion de la dette nationale : la création d’une Caisse autonome d’Amortissement (CAA).
Cette nouvelle structure représente bien plus qu’un simple changement administratif. Elle incarne la volonté du gouvernement de transition d’instaurer une gouvernance financière transparente, efficace et durable. Dans un contexte économique mondial incertain, marqué par la volatilité des prix des matières premières et les défis post-pandémiques, le Gabon entend reprendre le contrôle de sa trajectoire financière et créer les conditions d’une croissance équilibrée et inclusive.
“Notre vision est claire : faire de la dette non pas un fardeau mais un levier de développement”, a déclaré le Président Oligui Nguema lors de son allocution. “La Caisse autonome d’Amortissement nous permettra de centraliser la gestion de notre dette, d’en optimiser les coûts et de garantir une allocation stratégique des ressources vers les secteurs prioritaires de notre économie.”
La CAA sera dotée d’une autonomie administrative et financière, ainsi que d’une gouvernance moderne répondant aux standards internationaux. Elle aura pour mission principale de gérer activement le portefeuille de la dette publique, d’optimiser sa structure et de conseiller le gouvernement sur les stratégies d’endettement les plus pertinentes. Elle jouera également un rôle crucial dans les négociations avec les créanciers et dans la mise en œuvre de mécanismes innovants de financement.
Les partenaires internationaux présents à la rencontre ont accueilli favorablement cette initiative. “Nous voyons dans ce projet un signal fort de l’engagement du Gabon vers une gestion plus rigoureuse et plus transparente de ses finances publiques”, a commenté un représentant d’une institution financière internationale. “Cette réforme structurelle répond aux recommandations que nous formulons depuis plusieurs années et pourrait servir de modèle pour d’autres pays de la région.”
L’enjeu est de taille pour le Gabon, dont la dette publique représente aujourd’hui près de 65% du PIB. La création de la CAA s’inscrit dans un programme plus large de réformes économiques visant à diversifier l’économie gabonaise, trop dépendante des hydrocarbures, et à améliorer le climat des affaires pour attirer davantage d’investissements directs étrangers.
Les experts estiment que cette initiative pourrait permettre au Gabon de réduire significativement le coût de sa dette et de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour financer des projets d’infrastructure essentiels dans les domaines de l’éducation, de la santé et des transports. Une étude d’impact préliminaire suggère qu’une réduction de seulement 1% du taux d’intérêt moyen de la dette pourrait libérer annuellement plus de 100 millions de dollars pour des investissements productifs.
La mise en place effective de la Caisse autonome d’Amortissement est prévue pour le dernier trimestre 2025, après l’adoption du cadre législatif nécessaire et la nomination de son conseil d’administration. Un comité technique, composé d’experts nationaux et internationaux, a déjà été constitué pour finaliser le cadre opérationnel et les procédures de cette nouvelle institution.
À travers cette réforme audacieuse, le Gabon affirme sa détermination à construire un nouveau modèle économique résilient et souverain. Si le succès est au rendez-vous, cette initiative pourrait bien marquer un tournant décisif dans la trajectoire de développement du pays et ouvrir la voie à une nouvelle ère de prospérité partagée pour tous les Gabonais.