Experts et décideurs réunis pour accélérer le développement des énergies renouvelables dans la région du littoral, confrontée à des défis énergétiques majeurs.
Douala, capitale économique du Cameroun, a accueilli du 19 au 20 mars 2025 une conférence cruciale sur le développement des énergies renouvelables dans la région du littoral. Cette rencontre de haut niveau, organisée au cercle municipal de Bonanjo sous le thème « Enjeux et développement des énergies renouvelables dans la région du littoral », a rassemblé une diversité d’acteurs stratégiques : experts du secteur énergétique, représentants gouvernementaux, industriels locaux et investisseurs potentiels. La région du littoral camerounais, moteur économique du pays, fait face à un défi énergétique considérable qui freine son développement. Avec un réseau électrique vieillissant caractérisé par des coupures fréquentes et une demande qui ne cesse de croître, les entreprises locales voient leur compétitivité sérieusement compromise. « Sans une énergie fiable et abordable, notre tissu industriel reste vulnérable face à la concurrence internationale », a souligné Jean-Marc Mvondo, président de l’Association des Industries du Littoral.
Face à cette situation, l’autoconsommation énergétique émerge comme une solution privilégiée. Les discussions ont particulièrement mis en lumière trois technologies adaptées au contexte local : les installations photovoltaïques qui tirent parti de l’ensoleillement abondant de la région, les systèmes de stockage d’énergie par citernes à gaz, et les pompes à chaleur pour optimiser l’efficacité énergétique des bâtiments industriels et commerciaux. « L’autoconsommation n’est plus un luxe mais une nécessité stratégique pour nos entreprises », a affirmé Mme Aïssatou Diallo, directrice d’une PME spécialisée dans la transformation agroalimentaire. Son témoignage a illustré comment l’installation de panneaux solaires a permis à son entreprise de réduire de 40% sa dépendance au réseau électrique conventionnel. Le premier jour de la conférence a été structuré autour de deux panels majeurs. Le panel initial a exploré les modalités d’intégration des énergies renouvelables dans l’écosystème entrepreneurial local, tandis que le second a mis l’accent sur la valorisation énergétique des ressources locales, avec un intérêt particulier pour la biomasse issue des déchets agricoles et forestiers abondants dans la région.
Représentant le ministre de l’Énergie et de l’Eau, M. Paul Atangana a réaffirmé l’engagement du gouvernement camerounais : « L’énergie est au cœur du bien-être social, sans énergie on ne peut rien faire. Notre ministère travaille activement pour créer un cadre réglementaire favorable aux investissements dans les énergies renouvelables. » Il a également annoncé la mise en place prochaine d’incitations fiscales pour les entreprises qui investissent dans les technologies vertes. La journée du 20 mars a été consacrée aux mécanismes de financement, aspect crucial pour concrétiser les projets d’énergies renouvelables. Les discussions ont abordé les partenariats public-privé, les fonds internationaux dédiés à la transition énergétique, et les modèles économiques innovants comme le leasing solaire, qui permet aux PME d’accéder aux technologies sans investissement initial conséquent.
Un temps fort de cette deuxième journée a été le panel sur les défis de la mobilité électrique au Cameroun. Les intervenants ont abordé les questions d’infrastructures de recharge, les adaptations fiscales nécessaires, et les solutions innovantes comme les stations de recharge alimentées par énergie solaire. « La transition vers les véhicules électriques peut sembler prématurée pour le Cameroun, mais c’est précisément maintenant qu’il faut poser les bases de cette évolution inévitable », a précisé Dr. Emmanuel Ekwalla, expert en mobilité durable. Le rôle des opérateurs de téléphonie dans le monitoring des systèmes solaires a également été exploré, soulignant l’importance des solutions digitales pour optimiser la gestion des infrastructures énergétiques renouvelables.
La conférence s’est clôturée par une synthèse des recommandations et engagements pris par les différents acteurs. Parmi les propositions phares figurent la création d’un fonds régional dédié au financement des projets d’énergies renouvelables, le renforcement des capacités techniques locales à travers des programmes de formation spécifiques, l’élaboration d’un cadre réglementaire adapté aux spécificités des différentes technologies renouvelables, et l’établissement d’un observatoire régional de la transition énergétique. Cette conférence marque une étape décisive dans la transition énergétique de la région du littoral camerounais. « Notre dépendance aux énergies fossiles n’est pas seulement un risque environnemental, c’est aussi une vulnérabilité économique », a conclu M. Atangana. « Les solutions discutées ici ne sont pas des options théoriques, mais des nécessités pratiques pour notre développement futur. » Les acteurs présents se sont engagés à se retrouver dans six mois pour évaluer les premiers résultats des initiatives lancées suite à cette conférence, démontrant ainsi une volonté commune de transformer les discussions en actions concrètes pour un avenir énergétique plus durable dans la région du littoral camerounais.