Du 26 au 29 mars 2026, la capitale camerounaise s’apprête à devenir le centre du commerce mondial.
La ville de Yaoundé s’apprête à écrire une page inédite de l’histoire du commerce international. Pour la première fois, une conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se tiendra en Afrique centrale et plus précisément à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Des ministres du monde entier y participeront pour examiner les défis et possibilités auxquels est confronté le système commercial multilatéral et prendre des décisions relatives aux travaux futurs de l’OMC.

La Conférence ministérielle, à laquelle participent des ministres chargés du commerce et d’autres hauts fonctionnaires des 164 membres de l’Organisation, est l’organe de décision suprême de l’OMC. Cet événement de classe mondiale, qui se réunit normalement tous les deux ans, rassemble des milliers de délégués, d’experts, de représentants d’ONG et de journalistes venus des quatre coins du globe.
Cette édition sera présidée par Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce du Cameroun. Une responsabilité immense pour le Cameroun, qui s’est préparé activement depuis plusieurs mois à accueillir cette grand-messe du commerce international.
Les discussions devraient porter sur l’agriculture, les subventions, le commerce numérique et la facilitation des échanges, dans un contexte international marqué par de profondes mutations du commerce mondial, notamment les tensions commerciales et les débats sur la réforme du système multilatéral.

La réforme institutionnelle de l’OMC elle-même est également au cœur des préparatifs. Le facilitateur pour la réforme de l’OMC, l’Ambassadeur norvégien Petter Ølberg, a annoncé le lancement d’un « mois de la réforme » afin de discuter d’un plan de travail pour l’après-CM14, soulignant que la réforme de l’OMC sera un élément central du programme de la conférence.
Il faut dire que, l’attribution de cette conférence au Cameroun est largement perçue comme une reconnaissance internationale. Ce sera un moment déterminant pour le pays, qui sera le deuxième pays africain à accueillir cet événement prestigieux, après le Kenya en 2015.
« Nous voulons que Yaoundé marque le premier pas de ce New Deal que nous souhaitons de l’Organisation mondiale du commerce », avait déclaré le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana. Une ambition forte, qui témoigne du positionnement stratégique du Cameroun sur la scène économique internationale.
La Directrice générale de l’OMC, Dr Ngozi Okonjo-Iweala, s’est elle-même rendue à Yaoundé pour superviser les préparatifs. Sa visite a conduit à la signature d’un Accord-Cadre définissant les obligations du gouvernement camerounais et celles du Secrétariat de l’OMC, notamment en matière de transport des participants, d’hébergement, de sécurité et de couverture médicale.

Au-delà de l’aspect logistique, la CM14 représente une fenêtre d’opportunité stratégique et unique pour le continent africain qui vise à renforcer sa voix au sein de l’OMC.
En accueillant cet événement, le Cameroun espère non seulement renforcer ses relations commerciales, mais aussi attirer des investissements étrangers. Les résultats de cette rencontre devraient favoriser l’application d’accords commerciaux régionaux, tels que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), conçue pour favoriser le commerce intra-africain.
Dans moins de six semaines, Yaoundé va accueillir le monde. Le compte à rebours a commencé.
Jacqueline Lotchouang

